2,5 milliards de dollars. C’est le montant de ce rachat qui fait trembler tout le monde de la formation en ligne depuis quelques jours. Coursera vient de mettre la main sur Udemy et franchement, personne ne l’avait vu venir. Moi qui suis inscrit sur les deux plateformes depuis 2018, je me suis réveillé avec cette news dans ma timeline et ma première réaction c’était : « Ah bah voilà, encore un monopole qui se forme ». Dans tous les secteurs du numérique, on voit les gros poissons se faire bannir ou éliminer, comme ça peut arriver aux joueurs trop chanceux dans certaines industries.
Mais en y réfléchissant un peu plus…
Le timing de cette fusion n’est pas anodin. On est en plein boom de l’IA et les deux plateformes galéraient chacune de leur côté à proposer des contenus vraiment pertinents sur le sujet. Udemy avec ses millions de cours créés par n’importe qui (dont certains vraiment excellents, ne me faites pas dire ce que j’ai pas dit), et Coursera avec ses partenariats universitaires prestigieux mais parfois un peu poussiéreux.
Ce qui me frappe dans cette histoire, c’est la vitesse à laquelle le marché de la formation en ligne évolue. Y’a encore deux ans, on parlait de « disruption de l’éducation traditionnelle ». Aujourd’hui on parle de survie face à ChatGPT et compagnie. Parce que soyons honnêtes deux secondes : pourquoi payer 50 euros pour un cours Python quand GPT-4 peut t’expliquer les concepts et debugger ton code en temps réel ?

La réponse, les dirigeants de Coursera et Udemy l’ont comprise : la valeur n’est plus dans le contenu brut mais dans la certification, la structure pédagogique et surtout l’accompagnement personnalisé par l’IA.
D’ailleurs c’est exactement ce qu’ils annoncent. Un « moment charnière de l’IA » comme ils disent. Concrètement ça veut dire quoi ? Des parcours adaptatifs qui s’ajustent à ton rythme d’apprentissage, des exercices générés automatiquement selon tes lacunes, des mentors IA disponibles 24/7. Le genre de trucs qu’on voyait dans les films de science-fiction y’a pas si longtemps.
Perso j’ai testé quelques formations IA sur Udemy ces derniers mois (j’ai même fini celle sur les LLM de Jose Portilla, pas mal du tout). Le problème c’est que le contenu devient obsolète en quelques semaines. Une fusion avec Coursera pourrait permettre de maintenir les cours à jour plus facilement, avec leurs ressources combinées.

Ce qui m’intrigue aussi dans cette opération, c’est le positionnement face à la concurrence. LinkedIn Learning, Pluralsight, et même YouTube qui grignote des parts de marché avec ses tutos gratuits. Sans parler des bootcamps en ligne qui promettent de te transformer en développeur en 3 mois (spoiler : ça marche rarement comme prévu). La nouvelle entité Coursera-Udemy va devoir innover pour justifier ses tarifs face à tout ce contenu gratuit ou moins cher. Un peu comme certains secteurs du divertissement en ligne d’ailleurs – j’ai un pote qui me racontait qu’il avait découvert yonibet-officiel.site en cherchant des alternatives moins chères à ses abonnements habituels, comme quoi la pression sur les prix touche tous les domaines du numérique.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 930 millions d’utilisateurs combinés entre les deux plateformes. C’est énorme. Mais c’est aussi ça le problème : comment gérer une telle masse d’apprenants tout en gardant une qualité de service correcte ? J’ai déjà vu des plateformes s’effondrer sous leur propre poids après une fusion mal gérée.
Et puis y’a la question des formateurs indépendants sur Udemy. Qu’est-ce qui va leur arriver ? Vont-ils devoir passer par un processus de validation plus strict façon Coursera ? Ou au contraire, est-ce que Coursera va s’ouvrir à plus de créateurs pour enrichir son catalogue ?
Le truc qui me fait tiquer aussi, c’est cette obsession de l’IA dans tous les communiqués. OK, l’IA c’est le futur, on a compris. Mais est-ce que tout doit tourner autour de ça ? Quid des formations en soft skills, en créativité, en entrepreneuriat ? J’espère qu’ils ne vont pas tout miser sur la tech et oublier le reste.
Au final, cette fusion pourrait être une excellente nouvelle si elle est bien exécutée. Plus de moyens pour créer du contenu de qualité, une meilleure reconnaissance des certifications, des prix peut-être plus compétitifs grâce aux économies d’échelle… Ou alors on se retrouve avec un mastodonte bureaucratique qui met 6 mois à valider le moindre nouveau cours.
Wait and see comme on dit. En attendant, mes abonnements actuels restent valides et j’ai encore une dizaine de cours en attente dans ma liste. Parce que ça c’est un autre problème qu’aucune fusion ne résoudra : la procrastination chronique face à sa pile de formations « à faire un jour ».